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Vendredi 21 mars 2014

A la recherche des crapauds pour aider la science

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A la recherche des crapauds pour aider la science

Comment se portent les crapauds dans nos villes? Pas si mal que cela, du moins dans la région de Genève. Afin d’en savoir plus sur la diversité génétique de la faune et de la flore en milieu urbain, des chercheurs appellent les habitants à partager leurs connaissances et informations sur un nouveau site internet.

Conduit par l’EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne) et le Grand Genève, le projet URBANGENE a pour but d’estimer les effets de l’urbanisation sur la biodiversité dans l’agglomération genevoise.

Les villes grouillent d’animaux sauvages. La plupart nous sont invisibles, vivant cachés dans les parcs, les jardins ou autres recoins isolés. Or, nous en savons peu sur l’impact du développement urbain sur la survie à long terme de cette faune. Dans le cadre du projet UrbanGene, des chercheurs de l’EPFL ont décidé d’étudier la question en partant d’un animal en particulier: le crapaud commun. Et pour les aider à localiser les habitats de ces bestioles dans la région franco-suisse du Grand Genève, ils en appellent aux résidents. Ainsi, les volontaires pourront se rendre sur un site amusant et interactif – http://urbangene.heig-vd.ch - pour indiquer où se situent des mares. Ils peuvent également suivre les étapes et l’évolution du projet sur les médias sociaux, via sa page Facebook : http://www.facebook.com/urbangene.

La diversité génétique est essentielle à la survie à long terme des organismes. Elle permet aux plantes et aux animaux de s’adapter aux situations périlleuses, telles que les maladies, le changement climatique ou l’arrivée de nouveaux prédateurs. Or, la multiplication des routes, des bâtiments et d’autres infrastructures urbaines tend à isoler cette faune en des entités de plus en plus réduites. Jusqu’à quel point la diversité génétique est-elle menacée? «Notre but est de voir ce qu’il se passe, génétiquement, chez des communautés végétales ou animales lorsqu’elles sont divisées en petites colonies», décrit Stéphane Joost, chercheur principal du projet.

Une approche en 3 phases

Ce projet se déroulera en parallèle à GreenTrace, une initiative de chercheurs issus de l’EPFL, l’Université de Lausanne (UNIL), l’Université de Genève (UNIGE) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) destinée à étudier le rôle et l’importance de la biodiversité en milieu urbain. L’un de ses principaux défis est d’en apprécier les effets sur la population d’une ville en particulier, les perceptions recueillies auprès des gens ne coïncidant pas toujours avec les données mesurées scientifiquement. «Afin d’avoir une vision plus précise de la relation entre faune et développement en milieu urbain, nous allons travailler sur trois niveaux différents, dit Stéphane Joost. Les analyses génétiques nous fourniront des indications concernant l’impact de la densification sur les espèces. Dans un deuxième temps, une étude sera menée pour connaître les idées que les habitants se font de la faune urbaine. Enfin, nous utiliserons des données relatives à la santé pour voir dans quelle mesure la proximité avec la flore et la faune peut influencer ou affecter le bien-être.

Communiqué de presse

Pour plus d'informations sur le projet UrbanGene : http://urbangene.epfl.ch

Photos : (c) Thierry Martinet - Grand Genève